Pendant les vacances de la Toussaint, les journées raccourcissent et les enfants passent davantage de temps à l’intérieur. C’est le moment idéal pour proposer des jeux qui sollicitent leur regard autrement que devant un écran.
Avant de proposer ces activités, pensez à vérifier que la vue de votre enfant est bien suivie. Si vous êtes dans le Nord, vous pouvez consulter votre opticien à Maubeuge pour un bilan adapté à son âge.
Certaines activités simples mobilisent la vision de loin, la coordination oeil-main ou la perception des couleurs, tout en restant amusantes.
Sorties en extérieur et vision de loin : le lien souvent ignoré
Vous avez déjà remarqué que votre enfant plisse les yeux en revenant d’une longue journée à la maison ? Le temps passé à l’intérieur, avec des activités rapprochées (lecture, dessin, écran), sollicite essentiellement la vision de près.
Concrètement, cela signifie qu’emmener ses enfants jouer dehors pendant les vacances n’est pas qu’un moyen de les fatiguer. C’est aussi une habitude qui protège leurs yeux en développement.
Chasse aux couleurs et aux formes dans un parc d’automne

Parmi les jeux visuels les plus simples à organiser : la chasse aux couleurs. Le principe tient en une phrase. Vous donnez une consigne (« trouve trois feuilles jaunes, un objet rond, quelque chose de plus petit que ta main ») et l’enfant explore le parc pour les trouver.
Ce type de jeu fait travailler plusieurs compétences visuelles en même temps :
- La discrimination des couleurs : distinguer un orange cuivré d’un brun roux demande une observation fine, surtout quand les feuilles d’automne offrent des nuances très proches
- La vision de loin : repérer un élément à distance dans un espace ouvert oblige l’oeil à accommoder autrement qu’en intérieur
- La coordination oeil-main : ramasser, trier et comparer des objets naturels associe le geste au regard
Adaptez la difficulté à l’âge. Pour un enfant de trois ans, chercher « quelque chose de rouge » suffit. À six ans, vous pouvez demander de classer les feuilles du plus clair au plus foncé.
Variante pour les jours de pluie
Si la météo de la Toussaint ne coopère pas, transposez le jeu à la maison. Découpez des formes géométriques dans du papier coloré et cachez-les dans différentes pièces. L’enfant doit balayer du regard chaque recoin, ce qui mobilise sa vision périphérique.
Jeux d’ombres et de lumière : solliciter la perception des contrastes
L’automne, avec ses fins de journée précoces, offre un terrain parfait pour les jeux d’ombres. Un drap blanc, une lampe de bureau et quelques figurines en carton suffisent pour créer un théâtre d’ombres chinoises.

Fabriquer ses propres silhouettes
Découpez des personnages ou des animaux dans du carton rigide, puis fixez-les sur des baguettes en bois. L’enfant qui fabrique ses silhouettes travaille aussi sa motricité fine, un complément direct à la coordination oeil-main.
Activités rapprochées et écrans : ce que la recherche nuance
Une méta-analyse publiée dans JAMA Network Open en février 2025 rapporte une association entre temps d’écran numérique et myopie. Cette association ne prouve pas que les écrans en soient la cause directe.
Le temps dehors, les activités rapprochées de toute nature (pas seulement les tablettes) et les habitudes visuelles globales de l’enfant doivent être considérés ensemble.
Autrement dit, remplacer une heure d’écran par une heure de puzzle n’a pas le même effet que la remplacer par une heure de jeu en extérieur.
Pendant la Toussaint, l’enjeu n’est pas de supprimer toute activité de près, mais d’alterner. Une matinée de bricolage à la maison suivie d’une sortie au parc l’après-midi crée un équilibre naturel pour les yeux.
Limites des jeux visuels : ce qu’un jeu ne remplace pas
Un jeu d’observation, aussi bien conçu soit-il, ne permet pas de dépister un trouble visuel. Un enfant qui confond des couleurs proches ou qui se rapproche systématiquement des objets pour les voir a peut-être besoin d’un examen, pas d’un exercice ludique.
Les données citées ici s’appuient sur une méta-analyse parue dans Ophthalmic Research (2024) et sur une méta-analyse publiée dans JAMA Network Open (février 2025).


